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ECRITURE CREATIVE - MEDITATION PLEINE CONSCIENCE

Proposition N° 8 MOTS PERDUS et LANGUE AU CHAT

Depuis le XX è siècle plus de 10 000 mots ont quitté nos dictionnaires et nos vocabulaires. En voici quelques uns, que je vous propose d'utiliser ( minimum 5 ) dans un texte de votre composition.

A vous de choisir votre thème !

Acrampi : adj. rabougri, engourdi

Abstème :  Qui ne boit pas de vin. 
Aiguayer : Baigner, rafraîchir, laver

Angustié :  adj.  Étroit, serré, en parlant d'un chemin.

Anoure :adj. Se dit des animaux qui n'ont point de queue.

Bachelette : n.f. Jeune fille gracieuse.

 Baler : v. Danser. - Remuer, s'agiter. -

Bisbille : .n.f. Petite et futile querelle.

Cacade : n.f entreprise folle, échec ridicule

Capitoul :n.m. Nom qu'on donnait aux magistrats municipaux de la ville de Toulouse.

Désobligeante :n.f.. Sorte de voiture étroite qui ne peut contenir que deux personnes. (XVIIIe s.)

Épreindre : V. Presser entre ses doigts quelque chose pour en exprimer le suc. 

 Fatrasser :. V. S'occuper à des niaiseries.

Foutriquet: n.m. Un foutriquet est une personne petite, chétive, quelqu’un d’insignifiant.

Freloche : n.m; Filet pour capturer les papillons et les insectes aquatiques

Lède : n. f. La partie du milieu d'un marais salant, autour de laquelle on creuse un fossé.

Mâche-dru :  n. m. Gourmand.

Margotin  : , n. m. Petit fagot de menu bois ou de brindilles utilisé comme allume-feu.

Margouillis : , n. m. Lieu plein de boue et d'ordure.

Melliflue : adj. Qui abonde en miel.

Patte pelu  Adj. Qui dissimule de mauvais desseins sous une douceur apparente.

Patenôtrier : , n. m. fabricant de chapelets.

Péronnelle :  n. f. Terme de dénigrement. Jeune femme sotte et babillarde.

Piffre : n.m Personne très grasse.

Pimpesouée :  n. f. Femme à manières prétentieuses et ridicules.
Mafflé :  adj. Qui a de grosses joues.

Rabonnir :1° V. . Rendre meilleur

                2° V.. Devenir meilleur.

Turlututaine : .n. f. Paroles qu'on répète sans cesse

Croustiller v. Manger léger, grignoter.

Event n.m. Au grand air. Avoir la tête à l’évent : être très étourdi.

Happelourde n.f. Fausse pierre, qui a l’apparence d’une pierre précieuse.

Pantophile n.m. Celui qui aime tout.

S’acagnarder v. Paresser, mener une vie obscure et fainéante.

Remembrance n.f. Souvenir.

Imbriaque adj. Ivre, fou, stupide.

Déparpaillé adj. Négligé, débraillé.

Margouillis n.m. Embarras.

Paltoquet n.m. Homme grossier, sans mérite, prétentieux.

 

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C
Jour de fête

En ce jour d’avril, j’avais quitté ma tenue déparpaillée habituelle. Dès tôt le matin, j’avais la turlutaine en tête « c’est ce jour d’hui, oui, c’est ce jour»… c‘était cet après-midi, à 17 heures, le rendez-vous avec le maire.
Etienne et Pétronille cela sonnait bien, ce soir, nous serions époux.

Mon père Etienne – nommé tout comme moi – avait été bien surpris quand notre propriétaire avait proposé de prêter sa désobligeante pour l’occasion. Nous y serions bien angustiés, certes, mais tous les fils de métayers n’avaient pas droit à une telle reconnaissance.

Une fois la signature en bas de page, je me sentirai bien un peu comme dans une freloche, mais nous nous étions choisis et avec notre petite maison, ce serait beaucoup mieux que pour mes parents unis dès leur naissance – ils avaient dû vivre avec les grands-parents pendant de très longues années : elle, sous les ordres de ma grand-mère et mon père avait eu bien des difficultés à apporter des modifications aux méthodes traditionnelles de culture utilisées jusque là par les générations, alors que le climat avait changé, que la Révolution leur avait permis de quitter leur statut de journaliers.

Ce jour-là, dès 16h, la désobligeante trouva au long du chemin tous les habitants qui avaient quitté leur travail pour ne pas manquer l’instant. Partis du Betut, après la croix St Pierre, ils avaient suivi la route qui descendait par la Bégüe, Peyrelade, puis Chassac. Ensuite, ç’avait été la longue pente toute droite et chaotique que le cheval reconnaissait –L a saison était décidément très sèche - plus tard, j’aurai à me soucier de la qualité du foin - mais pour l’heure, il n’y avait pas eu à craindre de s’embourber dans le margouillis habituel du carreyrou au virage du Retaillou . Enfin, nous avions atteint le chemin empierré, la grand-rue, bordée là encore de tous les habitants…nous étions parvenus au bourg.

Ce n’est pas parce que je ne pouvais guère offrir à ma promise qu’une modeste happelourde qu’il fallait me considérer tel un gueux. Droiture, honnêteté et travail, c’était la marque des Etienne, que je pensais déjà léguer à nos enfants à venir.

Christine 29 avril 2020

Définition des mots oubliés
Angustié étroit, serré – en parlant d’un chemin
Déparpaillé négligé, débraillé
Désobligeante sorte de voiture étroite tirée par un cheval qui ne peut contenir que 2 personnes
Freloche filet pour capturer les papillons et les insectes aquatiques
Happelourde fausse pierre qui a l’apparence d’une pierre précieuse
Margouillis lieu pleinde boue et d’ordures
Turlutaine parole qu’on répète sans cesse
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M
Tous confinés.
Que vient faire ici ce paltoquet ? Que ne reste-t-il chez lui au lieu de venir causer ce margouillis où chacun se sent dans son droit mais suspecte l'autre d'usurper les siens?
Notre curieux passant déparpaillé, arborant une barbe de dix jours, les cheveux en bataille semble bouger comme un danseur imbriaque ayant abusé de la gnôle fermière. Dans nos remembrances les plus anciennes nous n'avions pas vu pareil spectacle sur la place du village. D'habitude le ballet des voitures d'où sortent les clients du boulanger, du bureau de tabac, du boucher, du fleuriste et de l'épicerie et qui trouble à peine les éternels villageois qui s'accagnardent, traînant de bancs en comptoirs leurs silhouettes dégingandées, la clope au bec et la bouteille non loin.
J'ai beau être pantophile, j'ai du mal à supporter l'ivresse outrancière de ces margoulins animant notre vie provinciale loin des bourgeois portant l'happelourde faute de pouvoir porter plus précieux bijoux . Que ne leur viendrait-il pas à l'esprit de vouloir avoir la tête à l'évent et de quitter leurs villes pour envahir nos campagnes et par-là même nous apporter le mal dont nous nous passons si bien ?
Faute de rayons pleins, nous nous contentons de croustiller dans nos chaumières en essayant d'éviter les turlutaines alors que de jour en jour le discours se répète. Tentant de nous rabonnir, nous découvrons nos voisins les plus proches : Giscours à la bouille maflée se montre avenant alors que la pimpesouée piffre du bout de la rue et sa péronnelle de fille continuent à se croire supérieures au reste du village. Notre patenôtrier patte pelu quant à lui se trouve église dépourvue. Trop vieux pour les nouvelles technologies il a sorti son antique porte-voix qui grésille en ce dimanche de Pâques pour inviter à la prière. Propos melliflus et remontrances sous-jacentes nous gâchent les esgourdes.
Tiens, Pierre en son joli jardin, fait fumer son margotin pour démarrer son barbecue. Quand le clocher sonnera les douze coup de midi, notre ami mâche-dru sera fin prêt pour faire griller ses côtelettes. À quelques encablures des lèdes de nos marais paissent tranquillement les jolis petits moutons noirs aux gigots si goûteux.
Tiens, au loin nous apercevons notre foutriquet Ambroise qui divague son freloche à la main. Ce n'est pas ce qu'il va récolter qui le nourrira! Il passe sa vie à fatrasser deci delà et son imprévoyance légendaire ne lui laisse d'autre choix que de jouer les pique assiette chez l'un puis chez l'autre malgré l'interdiction.
Tous occupés à épreindre les fraises du jardin pour napper d'un bon coulis notre traditionnelle charlotte de Pâques nous regardions venir à nous dans sa pimpante désobligeante, le Capitoul. Encore un qui n'a pas peur de la cacade que ne manqueront pas de lui infliger les villageois après bisbilles entre ceux qui lui feraient allégeance et ceux qui ne lui concèdent aucun passe-droit. Baler ne lui servira à rien. Dans sa désobligeante il repartira et ce ne sont pas ses bachelettes de filles qui feront la différence.
Le confinement, c'est le confinement.
La nature elle, ne s'embarrasse pas de cette obligation. Proches de nos maisons des rapiettes anoures et d'autres bien pourvues de leurs attributs s'ébattent sur nos murs. Au bout de notre chemin angustié au fond du jardin, qui mène au bois de hêtres, châtaigners et chênes on entend bien l'agitation dans les arbres et les taillis. Au bord de la rivière en bas de la prairie viennent s'aigayer les bergeronnettes des ruisseaux au ventre soleil pâle . Moi qui suis abstème à leur instar j'essaie de ne point me laisser aller. Accrampie que je suis au matin, je monte chaque jour sur mon cheval statique à pédales pour mes neufs kilomètres à bon train, encouragée par la programmation toujours aussi éclectique de FIP, ma radio préférée.
Vivons au jour le jour, restons chez nous !
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M
Ils sont supers vos textes. Bravo.
Il va falloir que je m'y mette à employer ces superbes mots qui chantent à nos oreilles.
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M
Acrampi par une lourde sieste, j' étais, curieusement car je suis abstème, victime d' une gueule de bois tel un foutriquet imbriaque.
Je décidais alors d' égaier mon corps rompu dans le ru qui coulait à mes pieds.
J' avais eu beaucoup de mal à suivre ce chemin angustié et il m'avait fallut épreindre ces cerises rouge sang pour ne pas mourir de soif .
J' étais en fuite .
Le capitoul tentait une folle cacade en voulant me rattraper . Il n' était pourtant qu' un foutriquet méprisable qui ne faisait pas grand chose de ces journées sinon de fatrasser de l' aube à la tombée du jour, cherchant bisbille à quiconque croisait sa route .
J' étais tombé amoureux de cette bachelette qui qui avec grâce balait sur la place publique. Je voulais baler avec elle quand le garde à pointé son nez. Il a comme lancé la freloche prenant sans doute la demoiselle pour une péronnelle et voulut nous empêcher de danser en tapant le pied sur le pavé et stridulant l' air de son appeau de cuivre .
J' avisais un gros tas de margotin et y mettais le feu . La fumée épaisse couvrirait notre fuite.
Nous nous échappâmes par la léde , mais le terrain très à la découvre encouragea la marée chaussée à nous poursuivre.
Nous atteignîmes néanmoins l' orée du bois et disparûmes sous l' épaisse futaie de chênes et de trembles. Des deux gardes qui nous coursaient l' un était piffre et, exsangue, abandonna rapidement
la course l' autre au contraire n' avait que croustiller ce midi et semblait alerte et léger comme une gazelle . A chacun de ces pas il prononçait une turlutaine qui semblait dire : >
Il était encore loin cependant et nous décidâmes d' une courte pause afin de reprendre souffle et de constater que nous étions bien dans le margouillis.
Nous étions déparpaillés, sales, mais à la remembrance des quelques pas de danse que nous avions partagés, son joli minois qui me souriait pendant ces quelques instants de bonheur, je lui proposais de l' embrasser et de lui offrir une happelourde que je dérobais à un bourgeois ventru il y a quelques jours.
Je nous voyais déjà nous acagnarder dans l' évent …
Elle hurla . Au secours ! Au secours ! Elle fit sa pimpesouée et sa figure si belle et fine devint rouge et maffée, le visage d' un piffre .un rire imbriaque sortit de sa bouche soudain difforme et entre deux
les hurlements hystériques redoublaient de puissance .
Elle n'était en fait qu' une péronnelle bêcheuse et vulgaire . Le garde entendit ses cris et accourait déjà .Il ne fallait pont m' acagnarder et totalement imbriaque, je repris la fuite seul cette fois .
Au bout d'un certain temps je n'entendis plus le souffle du capitoul . Peut être capitulait- il..
Je suis sur qu'il devenait patte-pelue et que pour se rabonir , promettait à la veule de devenir patenotrier !
Grand bien lui fasse . Moi je gardai ma liberté !
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M
L’été battait son plein. Plutôt que de fatrasser et de m’acagnarder au soleil sous cette chaleur paralysante, je décidai de prendre ma freloche et partis à l’évent en m’engageant sur l’angustié sentier qui longe la rivière.
M’aiguayer un peu au passage fut un petit plaisir sans pareil que je pris sans vergogne. D’autant que mon côté pantophile m’encourageait volontiers à ce genre d’opportunités bénies. J’avais à peine fini d’enfiler ma chemise, mon pantalon encore à hauteur des genoux, que j’entendis un bruit de voix, de froissements de branches, de craquements. Ma température externe grimpa d’un cran tandis que la fébrilité pour finir de me vêtir s’emparait de mes doigts qui n’étaient pas ceux d’un patenôtrier, loin s’en faut. Tout soudain, le voilage branchu s’écarta, dévoilant une bachelette balante et fredonnante cueillant de ci de là des rameaux afin de s’en faire un margotin tenu sous son bras rose et dodu. Mon penchant mache-dru se réveillant férocement, l’envie soudaine de la croustiller me saisit. Mais d’un autre côté je me sentais un peu déparpaillé de n’avoir pu achever de me vêtir. Devinant mon margouillis, elle me fit le plus beau des sourires de sa bouche pulpeuse et de ses yeux dorés. C’eût été cacade de me laisser aller à mes bas instincts tel le plus vil des paltroquets. Réfreinant sagement mes ardeurs, je me dis que le temps ferait mon affaire si elle vivait dans les parages. Nous échangeâmes donc de gentils-coquins propos, bluette je lui contais. Quand tout soudain surgit une vilaine et mafflée piffre pimpesouée dont certains propos ne me trompèrent pas puisqu’elle s’avéra être la belle-mère de ma prétendue bachelette. Celle-ci n’aurait-elle été qu’une patte-pelue? Qu’une happelourde? Mon émoi était grand. Ma confusion tout autant. Je me sentais tout acrampi. Pour couronner le tout, une troisième apparition surgit à son tour : un foutriquet imbriaque et plein de rage se jeta sur moi, me souleva de terre pour m’expédier dans le margouillis d’à côté. Le trio s’en fut, me laissant m’épreindre les doigts de pieds et de mains, réalisant que je venais d’avoir affaire au mari. Tête basse et turlutaine du genre « on ne m’y reprendra plus », je regagnai mon chez-moi, délaissant freloche et papillons.
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L
La Nonette est une péronelle qui passe son temps à croire qu'elle va rabonir les paltroquets pantophiles du quartier, en jouant les bachelettes abstinentes, confinées dans une désobligeante avec son air de patenotrier. Pourtant, elle cache bien son jeu, notre Nonette, une vraie mâche dru qu'elle est, qui évite scrupuleusement les anoures et proposer ses ardeurs à baler pendant les turlututaines, tout en tentant coquinement d'épeindre l'objet de ses désirs, ce qui rend son visage tout mafflé.
Elle veille cependant à ne jamais rester déparpaillée, ni à s'acargnarder, pour ne pas se trouver en margouillis si son époux qui est capitoul, venait à la demander de toute urgence.
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C
Je pris le chemin angustié qui mène à la fontaine.
Je voulais m’y aiguayer tant la chaleur était étouffante.
Au passage je cueillis une prune mafflée dont j’épreignis le jus sucré.
Après m’être bien rafraîchie, je restai là au frais, à croustiller mon pique-nique sans nulle envie de retrouver la chaleur encore pesante du plateau.
Pourtant il fallut bien rentrer. Je remis mes sandales, emplis ma bouteille d’eau fraîche et la tête à l’event, repris le chemin.
Les fleurs melliflues s’offraient au soleil et aux abeilles. Des papillons voletaient et je me disais : « Antoine aurait pris son freloche » mais cela aurait créé une bisbille entre nous.
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N
Cette péronnelle n’arrêtait pas de jouer les pimpesouées devant le patenôtrier. Ce dernier imbriaque et patte pelu ne me disait rien qui vaille. Ce lundi matin ce mâche-dru décide d’inviter la dite bachelette pour une balade et je les vois partir sur le chemin angustié derrière la maison avec le freloche, direction l’étang. J’étais inquiète qu’il n ait de futile et mauvais dessein ce paltoquet. Pas plus d’une heure plus tard, je les vois revenir, la petite bachelette riante, balante. Derrière le pantophile déparpaillé, dans un margouillis pas feint l air d’un foutriquet.
Que sait il passé , une cacade, une bisbille, nul ne le sut. Mais à partir de ce jour le pifre s’est bien rabonnit et la donzelle a pris du galon. Une espouserie s’ensuivie pour le meilleur et pour le pire.
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