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ECRITURE CREATIVE - MEDITATION PLEINE CONSCIENCE

Méditation N° 28 ELOGE DE L IMMOBILITE

Mathieu Ricard Emerveillement

Dans la méditation nous apprenons entre autres à rester immobile,  assis, sans bouger et au départ… cela s’avère difficile et assez troublant .

Nous avons l’impression qu’il y aurait tellement d’autres choses à faire, tellement mieux à faire que de rester sans bouger !

Il est vrai que la méditation peut se dérouler tout au long de la journée, dans l'action, en étant présent à ce que nous faisons et en portant toute notre attention au moment présent, en cultivant la conscience dans le mouvement mais nous pouvons aussi choisir de pratiquer la méditation de manière formelle, en choisissant une heure et un lieu propice au calme et à la concentration, en groupe, ou seul.

 

 

Pourquoi méditer en position assise et immobile ?

 

Si la méditation consiste à contempler ce qui se déroule dans le moment présent  ne peut-on pas faire cela sans avoir besoin de s’immobiliser ?

Oui, il est possible de méditer en mouvement… mais, lorsque l’on débute, il est plus facile de le faire en position immobile.

« On n’apprend pas les rudiments de la navigation en pleine tempête, mais par beau temps sur une mer calme.

 "De même, au commencement, il est préférable de méditer dans un lieu tranquille pour donner à l’esprit une chance de devenir clair et stable. ", écrit Matthieu Ricard.

L’immobilité et la diminution des stimulations extérieures permettent de créer un cadre où il sera plus facile de focaliser l’attention sur l’objet de sa méditation.

S’asseoir en silence : voilà une activité que l’on peut rencontrer dans de nombreuses traditions spirituelles ( chrétienne,  bouddhisme, zen, tantrisme, etc ...)

 " Le moine se reconnaît non à ses paroles et ses discours, mais à son assise en silence » Cette définition de la vie monastique semblerait sans doute à beaucoup de nos contemporains issue de la plus pure tradition du zen, mais elle est pourtant tirée des œuvres de saint Jérôme ..... ) 

 

La méditation assise est alors l'invitation à apprendre à être immobiles, sans nous forcer, comme le rocher tranquille au milieu du courant tumultueux de la rivière.

 

.

Si nous sommes (ou pensons être) du genre à ne pas pouvoir rester assis même pendant cinq minutes, peut-être qu'être immobile est exactement la compétence que nous devons cultiver dans ce monde qui ne s'arrête jamais.

L’immobilité peut être une réponse puissante au bruit que font les autres. Cela peut être un moyen de repousser le bourdonnement du monde.

 

« Par le retour à une vie simple naît le contrôle de ses désirs. Par le contrôle de ses désirs, l’Immobilité est atteinte. Par l’Immobilité, le monde est restauré. » – Lao Tseu

Lorsque le corps et l'esprit sont immobiles, nous sommes en mesure de nous observer plus clairement et d'obtenir des informations importantes sur notre relation avec les situations, l'environnement et les communautés dont nous faisons partie.

 

Le calme s'accompagne également d'une meilleure autorégulation des émotions, de l'anxiété, du stress, et d'une plus grande clarté dans la prise de décision au jour le jour.

 

Mais que faisons-nous au juste en nous asseyant immobile ?

Nous simplifions l’expérience pour mieux voir ce qui se passe. Nous nous posons et nous nous détendons dans l’immobilité

" Dans ce cas la détente est très différente de l’idée selon laquelle il faut se laisser aller, se distraire.

Ici nous parlons de détente de l’esprit, de laisser tomber l’anxiété, les concepts, la dépression qui nous enserrent habituellement.

La façon de nous détendre, de poser l’esprit ici et maintenant, est la pratique de la méditation. »

Cette simplification amène une clarté vive.

Peu à peu nous découvrons que l’immobilité est vivante, alerte.

Par exemple nous entrons en contact avec un monde de perceptions riche, multiple, infiniment subtil. Il existe une quantité infinie de sons, de couleurs, de qualités de lumière…

"Chögyam Trungpa (Shambhala, la voie sacrée du guerrier).

 

Voici le chemin du guerrier présenté aux hommes et aux femmes contemporains dans leur recherche de la maîtrise de soi et d'une plus vaste réalisation. Formulant le chemin du guerrier en termes modernes, Trungpa examine des sujets tels que la synchronisation corps/esprit, le dépassement des comportements routiniers, la relaxation issue de la discipline, une ouverture au monde dénuée de peur, et la découverte de la dimension sacrée de la vie quotidienne. Surtout, il montre qu'en découvrant la bonté fondamentale de l'existence humaine, le guerrier apprend à extérioriser cette dimension positive au profit de la tranquillité et de la santé du plus grand nombre. Les enseignements de Shambhala - qui tiennent leur nom d'un royaume himalayen légendaire où règnent la prospérité et le bonheur - mettent donc l'accent sur le potentiel de conduite éclairée inhérent à chaque être humain.

 

Nous abordons également avec plus de finesse et plus de délicatesse nos malaises, nos douleurs physiques qui peuvent, elles aussi, nous aider à revenir au moment présent, seul espace où nous pouvons vivre.

Nous apprenons donc à travailler avec les difficultés, à ne pas fuir à la première contrariété, à garder toujours la bonne posture, la juste posture dans toutes nos activités courantes : quand nous lisons, quand nous mangeons, quand nous conduisons, quand nous parlons…

L'immobilité est une action puissante.

 

Plus encore, cela peut changer votre journée, et ce faisant, changer votre vie.

Lorque vous être au milieu d’une journée éreintante, submergé de travail, de réunions, de messages et d’interruptions, ou ennuyé par les appels, les courses etc... c'est le moment de faire une pause.

Trouvez l’endroit en vous-même qui est complètement en paix.

C’est le centre de la tempête, où rien ne s’emballe, où vous êtes profondément connecté à tout le reste. Cela peut prendre un certain temps à trouver, alors pratiquez encore et encore. Une fois que vous avez trouvé cette connexion inébranlable, peu importe ce qui se passe autour de vous, c’est là et vous pouvez y retourner en permanence.

Restez immobile une minute, et respirez. Fermez les yeux, et trouvez l’immobilité en vous-même. Cette immobilité se répand dans le reste de votre corps, et dans votre esprit. Cela vous calme, vous recentre, vous focalise sur ce que vous faites sur le moment, pas sur tout ce que vous avez à faire demain ou plus tard ou sur tout ce qui est arrivé hier où il y a des années....

L’immobilité devient une action de transformation.

 

Pourquoi est-ce difficile  ?

 

Un esprit sans concentration est comme un singe sautant de branches en branches ou comme un papillon allant d’une fleur à une autre. Il est instable, désordonné, égocentrique, souvent absent ou occupé par son bavardage intérieur.

 

La position assise et immobile permet de garder toute l’attention sur l’objet de sa méditation. On n’a pas à regarder là où l’on va ou à se soucier de maintenir son équilibre. C’est pourquoi, toutes les traditions de méditation, du Tibet à la Thaïlande en passant par le Japon et l’Inde, reposent avant tout sur une pratique assise et immobile.

Enfin, on peut méditer n’importe où et n’importe quand, mais il est plus facile, au moins au début,  de le faire assis dans un endroit calme

Voici 4 exercices très simples donnés par Tich Nath Hanh 
 

 

Ces exercices peuvent se pratiquer dans la journée pendant nos activités, mais je vous recommande de les essayer en position assise, le dos droit, sans raideur, la nuque souple, les yeux fermés ou le regard posé devant vous....

 

Ces 4 exercices de respiration consciente et essentielle sont orientés vers le corps parce que la relaxation profonde du corps aide l’esprit à se détendre lui aussi.

Ils ont été rédigés par THICH NHAT HANH et sont les premiers exercices d’une série de 16 exercices de respiration conscientes qui nous aident à prendre soin de notre corps, de nos sensations, de notre esprit (nos formations mentales) et des objets de notre esprit (objets de nos perceptions).

 

1. Reconnaitre l’inspiration et l’expiration pour ce qu’elles sont

Ce premier exercice consiste à reconnaître notre inspiration pour ce qu’elle est, une simple inspiration, et notre expiration comme une simple expiration.

J’inspire, je sais que j’inspire

J’expire, je sais que j’expire

C’est simple mais l’effet est très profond.

Quand on se concentre pleinement sur notre inspiration, et qu’on la reconnaît comme telle, on se libère automatiquement du passé et du futur, et on revient à l’instant présent.

On commence à générer de l’énergie de pleine conscience et de concentration, qui sont les premiers paliers avant la liberté authentique.

 

 

2 .Aller plus profondément dans l’inspiration et l’expiration

J’inspire, je suis mon inspiration sur toute la longueur, du début jusqu’à la fin.

J’expire, je suis mon expiration sur toute la longueur, du début jusqu’à la fin.

On se concentre sur la longueur de l’inspiration, durant ses 3, 4, 5 ou 6 secondes.

On est tellement concentré sur l’inspiration qu’il n’y a aucune interruption durant ces quelques secondes.

La pleine conscience et la concentration deviennent beaucoup plus profondes et la sensation de bien être pendant l’inspiration pourra grandir.

Inspirer est quelque chose d’agréable à faire.

J’inspire et je me réjouis de mon inspiration, parce que je sais que je suis vivant(e).

Quand je pense, je peux être perdu(e) dans mes pensées, je ne suis donc pas vraiment là mais quand j’inspire, je ramène mon esprit vers mon corps.

Je sais que je suis vivant(e).

J’inspire donc je suis.

J’inspire, je me réjouis de mon inspiration.

J’expire, je suis que je suis vivant(e).

Nous célébrons la vie, nous sommes en vie !

Ces deux premiers exercices procurent beaucoup de bonheur et de joie.

 

3. Ramener l’esprit au corps

J’inspire, je suis conscient(e) de mon corps;

Je reconnais que mon corps est là.

Dans le tourbillon du quotidien, nous oublions que nous avons un corps, nous sommes là sans vraiment être là.

Notre corps est là mais notre esprit est ailleurs.

Nous ne sommes disponibles pour personne : ni pour nous-même ni pour les autres.

Thich Nhat Hanh écrit qu’il suffit parfois d’une seule inspiration pour ramener notre esprit vers notre corps et être ainsi en contact avec cette merveille qu’est notre corps.

 

C’est le miracle de pouvoir vivre profondément chaque instant.

J’inspire, je suis conscient(e) de tout mon corps;

J’expire, je suis totalement présent(e) à mon corps.

La respiration est le pont qui relie notre corps et notre esprit.

Quand nous portons notre attention sur notre respiration, notre corps et notre esprit se rejoignent en unité.

Avec ce troisième exercice, nous pouvons entourer notre corps de notre énergie de pleine conscience.

Grâce à la respiration consciente, nous découvrirons peut-être que notre corps a progressivement accumulé quantité de tensions, douleurs et stress.

 

4. Lâcher prise

J’inspire, je détends tout mon corps;

J’expire, je relâche toute la tension de mon corps.

Nous pouvons pratiquer la respiration consciente à tout moment dans notre vie quotidienne, nous pouvons nous réjouir de ce que nous faisons dans toutes les activités en prêtant attention à chacun de nos gestes. 

 

 

Petit moment de pause dans une baignoire florale. Cette femelle Souimanga se rafraîchit dans de l'eau recueillie par une pétale de fleur de bananier

 

La respiration orientée vers le corps est essentielle avant de pouvoir appliquer cette même pratique à notre esprit. 

– Thich Nhat Hanh

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