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ECRITURE CREATIVE - MEDITATION PLEINE CONSCIENCE

Proposition N° 42 Incipit

Incipit

 

Un incipit (du latin incipio « commencer » ),  désigne les premiers mots d'un texte ou  d'une œuvre musicale chantée.  Il s'agit donc du début d'un texte.

 

Trait continu

Ce terme didactique, employé en analyse littéraire, désigne les premiers mots ou le premier vers d'un poème, la première phrase, voire les premiers paragraphes d’un texte , en référence à la locution latine par laquelle commençaient généralement les manuscrits latins au Moyen Âge : "  ici commence le livre…."

L'incipit d'une œuvre a pour fonction de programmer la suite du texte, en définissant le genre, le point de vue adopté par le narrateur, les personnages, etc., mais surtout, il doit donner envie de lire la suite.

Il a pour pendant l'explicit ou excipit  qui concerne la conclusion d'un texte.

 

Le terme est également utilisé en musique pour désigner les premières notes ( appelé aussi intonation ) d'un texte liturgique chanté.

Pour cette  42 ème  proposition d'écriture, voici un incipit :


 

" ... Cette femme ne le savait pas encore, mais elle  venait d'entrer dans .......... "


 

Trait continu


 

Je vous invite à continuer  ce texte, en quelques lignes, selon votre idée, votre créativité, vos envies.... et de lui donner un titre, dans la rubrique " commenter " .....

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Regine 17/11/2020 09:36

Cette femme ne le savait pas encore mais elle venait d'entrer dans un piège, et le piège s'était refermé. Elle avait suivi son amie dans ce voyage en car à San Sebastian, elle avait suivi le groupe dans l'arène, elle ne savait pas, personne ne lui avait demandé son avis. Assise sur un gradin, dans cette foule immense, elle n'a pas vu que la sortie était très loin d'elle, tout là-bas.

L'animal a surgi sur le sable de l'arène, animé d'une force sauvage, noir et luisant, beau. Une longue clameur s'est élevée en cercle pendant que le toréador s'avance lentement. Il brille au soleil dans son costume scintillant, et tient sa cape rouge déployée devant lui. Il nargue l'animal avec ses passes lentes et appliquées. A chaque charge de l'animal, un long grondement monte des gradins.

La femme regarde, éblouie, fascinée. Puis l'homme s'éloigne à petits pas. Il fait place au picador, juché sur son cheval caparaçonné, face au taureau qui fonce et embroche le caparaçon ; à ce moment-là, le picador a enfoncé sa longue pique dans le dos de la bête. Le sang coule le long de l'épaule du taureau jusqu'au sabot.

La femme voit le ruisseau vermillon sur le pelage noir, elle a la nausée. Elle veut partir, ne veut plus voir, plus entendre, mais comment atteindre l'allée tout là-bas, sans faire lever des dizaines de personnes qui hurlent de joie et de plaisir ? Jamais elle n'osera. Elle reste assise, la tête emplie des clameurs, l'estomac révulsé, et, malgré elle, elle regarde les banderilles de couleurs se ficher dans le dos de l'animal dégoulinant de sang.

Les trompettes ont retenti, le silence s'est fait. Le matador danse devant le taureau avec sa cape rouge, puis il ajuste son épée et donne le coup de grâce. Le taureau s'écroule sur le flanc comme un arbre. La foule hurle.

La dépouille du taureau est trainée par deux mules sur le sable, la femme a honte, elle a envie de pleurer.

Maryvonne 17/11/2020 06:42

Cette femme ne le savait pas encore, mais elle venait d'entrer dans l'univers d'une famille aux goûts artistiques éclectiques.
Encadreuse d'art, Eliette venait de recevoir un couple pour une demande insolite: encadrer un petit animal empaillé.
En effet, leur gerbille venait de mourir à l'âge de quatre ans après avoir sans doute fouiné chez le voisin qui n'apprécie aucunement la compagnie des rongeurs. Elle était rentrée se blottir toute tremblante et grelottante dans son petit nid douillet du salon. Madame Gisèle, fut ainsi nommée en hommage à l'arrière grand-mère qui déjà en son temps défrayait la chronique. Au 19ème siècle, rares étaient les femmes de la petite bourgeoisie campagnarde à choisir un rongeur comme animal de compagnie. Au mieux caressaient-elles un chat de race ou un chien miniature. Gisèle Lelièvre, dans son boudoir entretenait une gerbille et un écureuil roux vivant en bonne entente.
Dans la droite ligne de son originale aïeule, Régine Lelièvre, Duplessis de son nom d'épouse, depuis sa tendre enfance préféra les rongeurs à leurs prédateurs félins ou canins comme animaux de compagnie, bien que leurs vies soient plus courtes. Ainsi avait-elle tout d'abord, comme de nombreux enfants voulu un hamster tournant sans fin dans la roue de sa cage, puis des cochons d'Inde, une souris blanche à l'adolescence et depuis ses 20 ans elle était toujours accompagnée d'une gerbille au doux nom de Madame Gisèle. Monsieur Duplessis, lui-même amateur de petites bêtes avait sans difficulté adopté les animaux de compagnie successifs de son épouse et collaboratrice.
Eliette, bien que surprise de cette demande inhabituelle, se concentra sur les centres d'intérêts artistiques de ses clients. Elle fut invitée dans la demeure bourgeoise cachée dans un écrin de verdure entouré de hauts murs au cœur de la charmante petite ville de province. Ainsi elle put s'inspirer de l'intérieur des Duplessis. Il est difficile de trouver comment décrire la décoration de cette grande et belle maison du 18ème siècle, tellement les objets d'époques différentes se côtoyaient dans une harmonie savamment orchestrée. La préhistoire, l'Antiquité, la Renaissance et le monde moderne s'y entendaient à merveille. Eliette y découvrit un cabinet de curiosités où les rongeurs empaillés avaient belle place.
Régine et Richard Duplessis voulaient pour Madame Gisèle, une somptueuse sépulture empreinte de modernité pour agrémenter le grand salon où il passait une grande partie de leur temps. Ils ne reprendraient ni gerbille ni aucun autre compagnon de vie. Madame Gisèle resterait leur compagne.
Eliette, après des jours de recherche et de réflexion, leur proposa divers matériaux pour que Madame Gisèle soit mise en valeur et garde une impression de vie. Ils s'accordèrent sur la forme, le contenu et les couleurs du futur diorama.
Ce fut une drôle de période que de travailler à l'atelier sous le regard très vivant de Madame Gisèle. Eliette rassurait ses clients sur la totale docilité du rongeur qui en effraya plus d'un. Quand son travail fut fini et avant de le montrer à leurs commanditaires, elle l'exposa dans sa vitrine. Elle fut très surprise par le public qu'elle toucha ainsi: les demandes de ce type affluèrent. Qui souhaitait encadrer le résultat de sa chasse aux papillons, qui voulait une belle dernière demeure pour son petit compagnon, qui désirait mettre en scène des objets de toutes sortes...
Régine et Richard Duplessis trouvèrent de suite l'endroit idéal d'où Madame Gisèle veillait sur eux et remercièrent chaleureusement Eliette de son inventivité et de son art.
Eliette le savait maintenant, elle pouvait s'adapter à tout type de demande. Elle remercia Madame Gisèle, Régine et Richard de lui avoir ouvert la porte d'entrée d'un univers insoupçonné.

Chantal L 16/11/2020 06:21

C’est une vidéo que j’ai vue hier soir


L’éveil du cygne

Cette femme ne le savait pas encore mais elle venait d’entrer dans la profondeur de ses souvenirs soulevant un émerveillement ébahi.
Comme chaque jour on l’avait mise à la même place, face à la télévision où elle restait, indifférente aux personnes qui l’entouraient. Sa fine et gracile silhouette si élégante s’avachissait sur son fauteuil roulant et chaque jour ressemblait à la veille. Sauf ce  jour où une association de musique est venue animer cette maison médicalisée Un jeune homme lui mit un casque sur les oreilles pour lui faire écouter de la musique classique. De la main elle fit élever le son et soudain ses yeux se sont éveillés. Ses bras s’élevèrent en commençant par les coudes comme pour se déployer. Ils s’ouvrirent et les mains gracieuses décolèrent pour ouvrir davantage ce mouvement comme de grandes ailes. Puis Ils retombèrent comme blessés. Stimulés par l’homme à la musique ils se levèrent de nouveau emmenant le torse dans une torsion, les yeux regardant le ciel désespérément. Les ailes battaient, battaient puis se refermaient.. Et là, gentiment la vieille dame sembla dire à l’homme qui lui faisait écouter la musique ! « Non, ce n’est pas possible, il me faudrait mes demi-pointes ». Mais ses mains longues comme des plumes légères reprirent leur mouvement instinctif qui était si jeune, si expressif….
Puis le corps flancha , l’oiseau de ne battait plus, il était vaincu. La vieille dame se replia. Elle ne le savait pas encore mais elle venait de revivre sa passion, elle venait de faire revivre la mémoire de son corps de danseuse étoile.

Régine 17/11/2020 09:45

Merci Chantal pour ton beau texte. Il prolonge l'émerveillement que j'ai ressenti en regardant ce bouleversant moment de télévision.