Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ECRITURE CREATIVE - MEDITATION PLEINE CONSCIENCE

Proposition d'écriture N° 41 Le Centre Social/ Le dilemme du porc épic

 

 

L'équipe du Centre Social, qui accueille l'Atelier d'Ecriture ARCHITEXTE

Partout, en France, les centres sociaux sont des structures de proximité qui animent le débat démocratique, accompagnent des mobilisations et des projets d’habitants, et construisent de meilleures conditions de vie, aujourd’hui et pour demain. Ils proposent des activités sociales, éducatives, culturelles, familiales pour répondre aux besoins dans le territoire.

En cette période d’urgence sanitaire causée par la COVID-19, nos vies sont chamboulées.

Il est temps de prendre nos distances physiques, tout en restant bien connectés et unis afin d’offrir notre aide, lorsque cela est possible, à ceux et celles qui nous entourent et qui en ont besoin.

C’est aussi une période où il fait bon d’appeler des amis et la famille pour savoir comment ils

" tiennent le coup. "

 

Un centre social est une communauté et la distanciation physique ne veut pas dire que nous devons affronter cette situation en solitaire ou que nous ne pouvons pas prendre soin les un des autres.


 


 

Saviez vous que la poignée de main signifiait à l’origine qu’on n’allait pas dégainer une épée pour menacer l’autre mais qu’au  contraire, on était animé d’un geste amical ?

Le covid-19 n’a pas seulement supprimé les embrassades et serrages de main. Il les a interdit en faisant peser sur autrui une menace.

Là où régnait une fluidité relationnelle, s’installe l’embarras.

On recule, on se tourne, gêné de signifier à l’autre la peur d'une contamination réciproque.

Nerveusement éprouvante, cette situation exige de chacun de se tenir sur ses gardes et surtout remet en cause  le lien social.

 

Comment signifier à l’autre, à travers le masque qu’il n’est pas menaçant afin de ne pas lui faire perdre la face ?

Le masque prive l’autre des signaux faibles : haussement de sourcils, sourire, micro-mouvements… Or, comme l’explique la sociologue Danah Doyd,  ces signaux faibles foisonnent dans les interactions en face-à-face et constituent même la plus importance source d’information dans les interactions sociales.

Le verbal compterait moins que les signaux faibles non verbaux. En période de confinement, du fait du masque, les marqueurs de l’engagement deviennent tenus voire absents alors que l’évitement monte en puissance.

.

Van Eyck Les Anges Chanteurs

Le sans contact s’étend aux paiements : les objets eux-mêmes deviennent source de suspicion. L’échange de nourriture entre collègues et amis reste soumis au bon jugement de chacun : partagé entre peur d’être contaminé et désir de ne pas vexer ses amis, chacun navigue à vue, faisant au mieux.

 

Cette situation risque de perdurer encore quelques mois avant que nous retrouvions la sérénité du paquet de gâteaux posé au centre de la table dans lequel chacun pioche avec insouciance et gourmandise.

Comment concilier convivialité et risque sanitaire ? Et surtout comme faire lien, vivre ensemble tout en acceptant l’autre sous conditions ?

 En acceptant un gâteau de l’autre, je contracte une dette et je donne un futur à notre relation.

 Ce rejet, légitime compte tenu du risque  du covid-19  affecte  la possibilité d’échanger et de nourrir nos relations sociales.

Sommes-nous encore dans le dilemme du porc-épic raconté par Arthur Shopenhauer en 1905 ?

Par une froide journée d’hiver un troupeau de porc-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur.

Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’écarter les uns des autres.

Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux maux jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable.

Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau.

La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières.

 Par ce moyen le besoin de se réchauffer n’est, à la vérité, satisfait qu’à moitié, mais, en revanche, on ne ressent pas la blessure des piquants.

Cependant celui qui possède assez de chaleur intérieure propre préfère rester en dehors de la société pour ne pas éprouver de désagréments, ni en causer”. 

Ainsi, selon la philosophie d' Arthur  Schopenhauer, l’homme ne peut ni vivre seul, ni vivre en promiscuité, la société est donc cette distance médiane par laquelle les hommes se supportent tout en restant utiles les uns aux autres. Les hommes gardent leurs distances grâce aux règles de vie en société, ce qu’il nomme politesse.

Les Parerga et Paralipomena est un recueil d'Arthur Schopenhauer publié en 1851. Écrits dans un style facile d'accès et abordant des sujets souvent familiers, les Parerga et Paralipomena connurent un grand succès et sont à l'origine de la reconnaissance tardive d'Arthur Schopenhauer.

Voici, pour illustrer notre actualité et en relation avec la parabole de Schopenhauer, les mots  et le message du Centre Social R. Doisneau, qui  reste bien connecté et uni afin d’offrir de l'aide, lorsque cela est possible, à ceux et celles qui nous entourent et qui en ont besoin.

 

Je vous propose d'utiliser  ces mots dans un texte de votre composition, pour illustrer vos sentiments et impressions sur cette période si " particulière " que nous vivons ...... et de déposer vos textes dans la rubrique " Commenter ".

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Le confinement, en nous isolant des autres, nous fait prendre conscience de l'importance du Centre social dans nos vies.
C'est là, dans les ateliers intergénérationnels, que chacun va faire des rencontres, trouver un accompagnement et une écoute, et va transmettre ou acquérir savoirs, savoir-faire, ou savoir-être.
Les animations y rassemblent grands et petits, et chacun s'exprime au sein d'un groupe d'affinités, dont la cohésion et la solidarité ne peuvent que favoriser l'épanouissement des personnalités, et tout simplement nous aider à vivre.
Répondre
T
Le Centre Culturel et Social COVIDéal,
Un centre social et culturel toujours plus humain
Que ce soit pour les bénévoles animateurs, les participants
pour lesquels la contribution financière est modique quand elle n’est pas gratuite,
Que ce soient les tâches multiples des salarié.e.s compétents dans leur domaine,
qui prodiguent un accueil, un sourire, une attitude bienveillante, vite contagieuse,
Que ce soit pour un accompagnement personnalisé
et respectueux du secret des informations partagées,
Que ce soit pour des ateliers ou des animations spécifiques ou en pluridisciplinarité,
Tout est ici mis en œuvre autour de la solidarité, la cohésion de l’intergénérationnel,
l’épanouissement…la vie,

on y arrive pour donner, partager, ou avec ses soucis,
on repart en ayant fait provision d’humanité,
un au revoir, une occasion déjà programmée,
une certitude d’être déjà attendu.e.s.

Qu’on soit originaire de la zone ou qu’on ait choisi d’y poser ses bagages, avec sa famille,
Qu’on la découvre pour cause de travail, à l’occasion d’un court séjour,
Qu’on fasse étape sur le trajet de sa migration,
pour cause de scolarité, de changement de rythme, d’inactivité, de retraite,…
Chacun apporte sa contribution,
L’air qu’on respire est ici plein de ces particules insidieuses d’un concentré de population mondiale,
Un melting pot mijoté de toutes les classes sociales,
d’improbables effluves en cette zone rurale, dans un des départements les moins peuplés,

en poussant cette porte jamais totalement fermée,
on sait enfin d’où vient ce souffle bienfaisant,
sans cesse renouvelé, enrichi,
vous êtes Bienvenu.e.s dans l’œil de la tornade.
Ch.
Répondre
M
L'accompagnement de l'intergénération grâce à l'écoute et à la cohésion d'une équipe pétrie de solidarité, ateliers, animations et rencontres participent de l'épanouissement de tous. Merci à toutes les petites mains du centre social Robert Doisneau
Répondre
C
Notre foyer social et culturel doit refermer toute la pluridisciplinarité de ses ateliers, nous privant de nos animations. Nous voici reliés via internet mais si fidèlement que l’accompagnement se poursuit. Grâce à la cohésion de notre équipe restant à l’écoute, le fil est maintenu.
Personne n’est abandonné et d’une manière ou d’une autre une grande solidarité a lieu. Bon courage et merci aux animateurs salariés qui organisent ingénieusement cette transition Covid et espérons qu’ils n’en subiront pas de conséquences négatives.
Leurs ateliers offrent une gamme adaptée à une inter génération de publics, clé du lien social.
En attendant leur réouverture, l’impossibilité d’avoir des contacts physiques peut être l’occasion de rencontres virtuelles, source d’épanouissement pour les timides, les réservés qui n’osent s’exprimer oralement. Je serai heureuse de connaître, plus tard…... les écrivaines et écrivains du blog de Pascale. Comme le porc-épic trouvons les bonnes mesures. Notre abri est notre maison mais l’extérieur n’est pas exclu même si restreint. Il y a de l’espace. On peut se faire des signes, se sourire des yeux, déposer un pot de confiture ou des fleurs devant une porte fermée. Si la spontanéité y perd de ses élans elle y gagne en respect, en protection des autres et de soi-même. Décrochons le téléphone, faisons des SMS, des mails, un courrier puisque la poste semble rester en action.
Cliquez cliquez cliquez et collectez…. Enfin, ne tombez pas malade.
Répondre
I
J'ai pris le début de tous les mots :
ATtention Plusieurs ECrevisses INteractives et SOLitaires EPouseront des ACadémiciens du COntinent et REvisiterons les ANges.
Répondre
C
Ecoute, je vais t'accompagner, tu vas faire des rencontres,
La solidarité est intergénérationnelle. Toute nouvelle rencontre est un épanouissement.
Répondre
A
Quelle imagination ! Ou donc allez vous chercher tout ça !
Je suis fan mais pas doué pour l’écriture !
Continuez SVP !
Répondre
C
Bonsoir,
Là où la politique, l'ordre! n'a pas réussi à casser la cohésion social, ce virus , à lui tout seul, en a réussi une partie.
Bonnne soirée
@mitiés
Répondre
P
Oui. Nos pires ennemis sont invisibles !
Amitiés. Pascale.