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ECRITURE CREATIVE - MEDITATION PLEINE CONSCIENCE

Proposition n° 29 LA POESIE DU QUOTIDIEN

 Pour cette 29 ème proposition, je vous invite à  détourner un peu la contrainte de Jacques Jouet :

le Poème Portrait

 

Jacques Jouet a commencé Le poème du jour le 1er avril 1992 : un poème tous les jours, jusqu’à la fin des siens.
Le jour passé, le poème ne doit pas être corrigé, même s’il travaille sur d’autres poèmes en parallèle, avec des façons très différentes.
Les quatre premières années ont été publiées  en 1999 (trois volumes). C’était : Navet, Linge, Oeil de vieux.
D’ années en années, les procédures ont varié, des séries se sont accumulées : contraintes pragmatiques ou formes fixes, investigations formelles, poèmes de rencontres… Il y a notamment une série de poèmes portraits (cela nécessite une rencontre, un temps de pose, un temps de composition), des poèmes adressés (c’est un hommage, le nom de celui à qui est rendu hommage fait partie du poème) et aussi des poèmes du jour et de journal, extrait de la lecture du journal, ce sont des morales élémentaires, forme fixe fondée par Raymond Queneau.
Par là, avec ces milliers de poèmes, Jacques Jouet veut apporter une pierre à la motivation d’une proposition de Raymond Queneau : « Le véritable poète n’est jamais inspiré, il l’est toujours. » Une autre raison semble aussi guider l’auteur : le rêve du poète de l’ère mondiale est que ses poèmes soient traduits et lus en toutes les langues par des milliards d’êtres humains. Celui de Jacques Jouet est que chaque être humain ait son poème à lui, dont il serait le sujet, ou qui lui serait adressé.

A partir de cette  contrainte dite du "poème portrait", inventée par l’Oulipien  ( OULIPO ) Jacques Jouet,je vous propose d’observer et de "portraitiser" les objets  qui composent et qui peuplent  votre table de travail, votre bureau, l'endroit où vous écrivez, travaillez, lisez, etc ....

 

 

Le but de cette contrainte est de composer un texte comme suit :

 11 vers en vers libres, pas de rimes obligatoires mais les démarreurs de chaque vers sont les suivants :

1.Je vois...

2. Je sais...

3. Je remarque...

4. Je souligne...

5. J’ignore...

6. Je pense...

7. Je suis sûr/sure...

8. Je me demande...

9. Je parie...

10. Je refuse...

11. Je vois ( le dernier vers est le même vers que le premier)

 

EXEMPLE 

( exercice fait par un élève de seconde )

Le trombone

 

Je vois au milieu un e, entouré d'un m

Je sais qu'il est froid et qu'il fait du bruit lorsqu'on le fait tomber.

Je remarque qu'il est brillant, sérieux mais à la fois brouillon et tout déformé.

Je souligne une envie de liberté qui s'exprime par sa pointe fine qui continue de s'enfuir par son extrémité maligne.

J'ignore ce que renferme ce e, si timide, entouré sur lui-même.

Je pense qu'il sert aux enfants pour jouer à la fusée ou bien encore aux petites voitures à trouver leur destinée.

Je suis sûre de l'avoir déjà vu

Je me demande s'il continuera à exister

Je parie tout de même que le petit e caché ne dévoilera jamais la vérité.

Je refuse de l'appeler trombone, ce nom si morne qui le déforme.

Je vois au milieu un petit e caché, entouré d'un m.

 

Haiku :

Un e entouré

Qui sert à tout attacher :

Quelle utilité !

 

Soyez observateur de votre environnement très proche et déposez vos textes dans la rubrique

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C
La souris
Je vois une souris blanche sur le tapis
Je sais qu’il faudra que je la saisisse, la dompte, la dirige.
Je remarque qu’elle se laisse attraper mais où m’attire-t-elle ?
Je souligne le sésame d’entrée et après quelques mises à jour
J’ignore encore vers quel sujet elle pointera le museau.
Je pense à ce courriel mystérieux reçu hier
Je suis sûre qu’elle va m’y amener de nouveau
Je me demande comment l’en dissuader, la détourner….
Je parie qu’avec un peu de chance elle pourra le nier, le détruire même
Je refuse de croire qu’elle ne peut être ma complice
Je vois une souris blanche sur le tapis
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M
Portrait d'un être libre

Je vois sa queue qui danse au milieu des herbes folles
Je sais qu'il est plus libre que l'air
Je remarque qu'il se met à l'arrêt patte en l'air
Je souligne que cet être fut honoré tel un dieu dans l'Égypte antique
J'ignore où mèneront ses déambulations
Je pense qu'il n'en a que faire de ma présence au balcon
Je suis sûre qu'il trouvera sa pitance
Je me demande s'il jouera avec sa victime
Je parie qu'il la déposera sur le seuil avant de la dévorer
Je refuse de le soupçonner de barbarie
Je vois sa queue qui danse au milieu des herbes folles
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L
LES SECRETS DEROBES

Je vois sa couverture, ce titre fait envie,
je sais qu'il ne faut pas mais je l'ouvre quand même.
Je remarque d'abord à quel niveau je l'aime,
Je souligne ses rêves et ses mots pleins de vie.
J'ignore ses secrets et je me sent coupable,
je pense à la colère dont elle serait capable.
Je suis sûr de la peine que je vais lui causer.
Je me demande si elle voudra me reparler.
Je parie en pleurant qu'elle ne reviendra plus.
Je refuse de lui dire, j'en serais trop confus
Je vois la couverture et j'ai tout oublié
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R
Je vois ma mère sur son lit d'hôpital, reliée à des machines.
Je sais qu'elle est paralysée du côté droit et qu'elle ne peut plus parler.
Je remarque qu'elle souffle de dépit quand les mots se heurtent à ses lèvres et ne sortent pas.
Je souligne une exaspération dans son regard plein de reproche.
J'ignore combien de temps elle va demeurer dans cet état.
Je pense que rien n'est pire pour elle que d'être enfermée dans un corps qui ne répond plus.
Je suis sûre que sa volonté de vivre va faire sauter le verrou qui bloque son cerveau.
Je parie qu'elle va nous faire la surprise de nous répondre par une phrase clairement énoncée.
Je refuse de la regarder souffrir, impuissante à l'aider.
Je vois ma mère sur son lit d'hôpital, reliée à des machines.
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