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ECRITURE CREATIVE - MEDITATION PLEINE CONSCIENCE

Proposition d'écriture n° 22 A SUPPOSER

Je vous propose  de réaliser, à la manière de Jacques Jouet ( voir biographie plus bas ), un texte en prose composé d’une phrase unique très développée, initiée par la formule : « À supposer »  :  forme inventée par Jacques Jouet.

La particularité de ce texte est qu'il ne comporte aucun point, puisqu'il n'est composé que d'une seule phrase.

 

D'un seul trait.

Exemple :

À supposer qu’on me demande ici d’évoquer une entité toujours en mouvement qui ne cesse d’être l’objet d’étude tellement son comportement est digne d’un intérêt chaque année renouvelé par les trouvailles et merveilles que l’on découvre, qui peuvent même avoir certaines ressemblances avec nos mœurs grégaires, pas toujours très claires ni bien orientées, qui de ce fait seraient bien inspirées de prendre modèle sur l’efficacité, voire la complémentarité logique avec laquelle cette société a su s’organiser au fil des générations et de l’évolution des espèces dont font partie la flore, la faune, sans parler de la tectonique des plaques qui comme chacun sait a modifié considérablement la physionomie de notre planète et par voie de conséquence a bousculé quelque peu l’environnement de tout ce petit monde qui a subi parallèlement des bouleversements climatiques pour lesquels fleurs et animaux n’étaient nullement préparés et qui ont laissé sur le carreau, si l’on peut s’exprimer ainsi, un grand nombre d’espèces qui malheureusement ne feront plus partie de notre univers à l’inverse de ces courageuses, besogneuses et intrépides aventurières qui nous fournissent un nectar succulent qui se nomme le miel. 

ou :

 

À supposer que l’haïku deviennent la seule façon de s’exprimer dans toutes les circonstances de la vie, par exemple demander son chemin quand on est perdu ou expliquer la route aux égarés désespérés par leur GPS énigmatiques, pour revendiquer une amélioration du comportement de notre entourage, pour faire part de nos états d’âme à nos amis intimes mais trop souvent indifférents et eux même égocentriques, pour commenter les discours prophétiques et mythiques de nos amis politiques, et faire partager et même défendre nos idéologies et pensées philosophiques, nous retrouverions des relations pleines de civilités et de respect envers nos contemporains qui trouveraient l’occasion d’utiliser un vocabulaire soutenu avant d’émettre leur réflexion actuellement trop souvent truffées d’idiomes incorrects et familiers.

 

ou :

À supposer qu’on me demande ici, en cette nuit frisquette et sous ce ciel étoilé, nettoyé de tous ses nuages et signé d’un élégant croissant de lune, d’allumer un feu, un feu tel que la nuit en devienne invisible et qu’il n’y ait plus que le feu qui compte, ce n’est pourtant pas ce feu que je vous inviterai à contempler – bien qu’il fascine et fasse immanquablement penser aux vacances, aux camps de vacances, en dépit de l’éloignement de la mer – mais une étoile, n’importe laquelle, bien visible de vous, de moi, fichée telle une punaise de cuivre au milieu de cette infinitude dont le ciel peut être une parfaite image, pour vous asséner qu’il est fort probable qu’au moment où vous la voyez sans doute elle n’existe plus s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.

 

C'est à vous !

Comme thème pour votre texte, je vous propose : la lecture, l'écriture, la gastronomie, la vie de famille, la culture, l'actualité, l'information, la télévision etc .... mais une proposition reste une proposition, aussi je vous invite à laisser aller votre créativité vers un thème que vous aurez vous même choisi... si vous le souhaitez.

Déposez vos textes dans la rubrique " COMMENTER "

 

 

 

 

 

 

Jacques Jouet est un écrivain français né le 9 octobre 1947 (72 ans). Il est membre de l'Oulipo depuis 1983.

Jacques Jouet est à la fois poète, romancier, nouvelliste, auteur de théâtre, essayiste, et artiste plasticien (il réalise des collages).

Il a, en 1978, un premier contact avec l'OULIPO lors d'un stage d'écriture dirigé par Paul Fournel, Georges Perec et Jacques Roubaud .

 

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C
Le temps des confitures

A supposer…, mais vraiment à supposer, vous qui me connaissez savez que ce n’est pas du tout l’image que je donne de moi, donc à supposer que débonnaire j’attende avec à peine un déhanchement déjanté le délassement, délacement du défendu levé qui se rapprocherait, je prendrai déjà conscience que je n’aurais pas même eu le temps de me laisser aller à la démence, que nulle dénonciation n’aurait dégénéré en contravention onéreuse vidant mes dividendes, j’aurai néanmoins ressenti la dévalorisation déclenchée par ces interdits liés à mes déambulations, je n’aurai pu que constater la détresse enregistrée dans mon entourage qui respectait au-delà de la lettre les injonctions, je n’aurai pas même été empêchée de rendre visite à des proches désolés déclarés et déposés sans détour dans des chambres stériles envahies du virus déclaré et d’autres maladies délétères, le lundi 11 mai serait arrivé alors que rien de nouveau ne se serait passé, tout aurait de nouveau été permis sauf tout ce qui n’aurait pas redémarré – ce que fit d’ailleurs ma voiture sans doute prévenue par anticipation, elle aurait décidé de se bloquer et m’aurait ainsi empêchée toute sortie dérisoire, juste destinée à me désillusionner, les freins auraient déraillé, dépouillée de mes activités je ne me retrouverai pas encore libre, alors qu’une génération travaillerait , qu’une autre continuerait d’ essayer d’apprendre, l’été arriverait et ce serait le temps des confitures…de la déconfiture ?
à supposer que ce soit vrai ?
Christine
26 mai 2020
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A
A supposer que l'on me propose un tour du monde en 8 jours comme certains voyagistes le présentent dans leur brochure ,sans se soucier des consommations de kérosène,de l'impact sur la couche d'ozone,sans prendre en considération les changements brutaux de latitude,longitude,altitudes qui peuvent entraîner des bouleversements importants sur les organismes et la planète, peut être aussi soudain que cet impitoyable covid,à supposer que tout cela soit réalisable est ce que j'en saurai tirer un réel bénéfice,une meilleure connaissance de moi ou seulement la fierté de pouvoir dire :je l'ai fait,j'y suis allé,je connais,à supposer que tout cela soit possible n'est il pas préférable de prendre le temps ,d'apprécier chaque séjour d'en tirer la meilleure substance,d'approfondir les liens, de s'efforcer d'aller au fond des choses plutôt que de faire un tour du monde en accéléré et pourquoi pas découvrir notre beau pays de France
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M
A supposer qu'à l'aide d'une potion magique on puisse s'envoler loin, très loin des confinements actuels pour quelques heures, récupérer des forces, retrouver le plaisir d'une mobilité à toute épreuve, régénérer son potentiel fatigué, chanter, rire à gorge déployée sans crainte- et aussi découvrir de nouvelles contrées, s'extasier sur une mer turquoise, une île déserte, des glaciers bleutés, une végétation luxuriante ou parsemée, profiter avec délice d'une sensation de bien être et oublier un long moment les contraintes du retour - pas besoin de valise, l'embarquement est immédiat.
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M
À supposer que je sois un chat dans le hameau de Fontmerle sur la commune d'Altillac en Corrèze, à l'instar de mes congénères locaux mon territoire aurait des frontières assez floues selon les jours, selon l'appétit selon l'installation des habitants à cornes du hameau; je naviguerai d'un pré à l'autre, d'un compost à l'autre toujours à l'affût de la petite croûte de fromage ou d'un os à gratter, je n'hésiterai pas à m'étaler sur les murets ventre au soleil pour une petite sieste ou je me posterai sur un toit de tôle attendant qu'un moineau, une bergeronnette ou un queue rousse inconscient s'y pose, alors je me jetterai dessus faisant bien souvent chou blanc; c'est qu'elles sont vives ces petites bestioles à plumes, il ne me restera plus qu'à attendre que les jeunes sortent du nid; bien sûr la pitance sera maigre mais la capture bien plus facile; une petite visite dans la grange où sont entassées les balles de foin me permettra peut-être de trouver une petite boule de poils grise ou noire innocente; les potagers à la terre meuble travaillée de frais au grand dam des propriétaires me serviront de tinettes sèches, à supposer que je sois un chat au hameau de Fontmerle, je serai le plus heureux des chats, je serai le roi du village...
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C
A supposer qu’un rayon de 100km que nous explorerions en toute liberté, sans autorisation signée contraignant à des horaires imposés, nous mène vers les montagnes douces et verdoyantes du Cantal, aux essences diverses aux prés jonchés de jonquilles et de narcisses, aux alpages d’altitude couverts de fleurs colorées telles les pensées, les Anémones, les Gesses des montagnes ou encore les hautes gentianes, l’horizon à perte de vue selon que l’on se tourne vers la Vallée de la Jordane ou celle de La Maronne ou encore celle de la Cère où l’on redescendrait pour suivre quelque chemin bucolique au son des clarines, à moins que l’on lézarde, avant le retour, sur le plateau du Cézallier, son herbe jaune encore, ses lacs, ses sagnes, sortes de tourbières où poussent les mousses de marais et où l’on se tord un peu les pieds, admirant au loin le Puy de Sancy qui s’élève, majestueux, de l’autre côté du plateau, isolé par rapport à la chaîne des puys, à supposer, disais-je, qu’enfin on puisse s’éloigner un petit peu, imaginez tout ce qui s’offre à nos envies, tant de nouveautés dont nous sommes friands, des odeurs nouvelles, même si, je sais, ce rayon limité ne nous permet pas encore de voir notre famille
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L
Bonjour je vous livre ma 1ère contribution à votre atelier d'écriture

A supposer que l’on me demande d’écrire un texte en prose d’une seule traite, en une seule phrase, cela me semblerait d’une extrême difficulté, mais à tout prendre il s’agirait en même temps d’un exercice passionnant et une sorte de défi pour moi qui aime écrire toutes sortes de choses comme des textes de chansons, des courtes histoires, ainsi que des articles de blog qui sont plutôt d’ordinaire dans la concision et par conséquent pas vraiment sur la longueur demandée, sans point, sans respiration donc , ce qui corse la difficulté car il faut pouvoir intéresser les lecteurs sans aucune pause, il faut que ce que l’on raconte « tienne la distance » pour ne pas laisser sur le bord de la longue route des mots les personnes qui se sont embarquées avec vous pour un trajet vers l’inconnu et qu’ils ne s’aperçoivent en somme qu’arrivés à destination que vous les avez baladés tout au long d’un texte qui n’avait en réalité ni queue ni tête et dont le seul but avoué maintenant était en vérité de pouvoir satisfaire les contraintes et les consignes d’un atelier d’écriture auquel je suis très heureux de participer pour la première fois.
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P
Bonjour et bienvenue dans notre atelier !
Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à vous promener sur le blog, dans la rubrique " Pages ", pour prendre connaissance de l'"esprit" du blog, et de son fonctionnement.
J'attire votre attention sur le fait que les commentaires restent ouverts et que chacun peut déposer un texte, même sur une proposition plus ancienne.
A très bientôt, cordialement,

Pascale
R
A supposer que la pandémie de Covid19 régresse au point de disparaître, nous nous souviendrons des difficultés à vivre en ville de nos concitoyens enfermés dans des appartements, souvent trop petits, et privés de promenades dans les parcs et jardins, et nous pouvons imaginer que l'on tire profit des enseignements du confinement utiles à l'écologie et à la santé de l'humain, à savoir constation de la baisse de la pollution atmosphérique et de la pollution sonore dans les villes, et du retour des insectes et des oiseaux dans les parcs, en prolongeant les pratiques de télétravail qui favoriseraient le départ de citadins vers les campagnes, vers un mieux être sans le stress des transports urbains, libérant les rues des embouteillages et permettant la réhabilitation d'immeubles de bureau devenus inutiles en appartements aux dimensions décentes pour ceux qui resteraient en ville et utiliseraient les pistes cyclables devenues plus nombreuses et sécurisées.
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L
A supposer que notre civilisation, à l'origine exclusivement patriarcale pendant plusieurs millénaires, et pour laquelle, depuis très peu de temps, disons objectivement environs cinquante années où l'on a pu constater au départ, de très timides avancées, droit de vote, liberté d'ouvrir un compte bancaire sans devoir présenter l'autorisation du conjoint mâle, présence dans un cadre statistique d'abord exceptionnel, puis ensuite, marginal, et enfin, plus récemment en direction vers une certaine forme de parité, d'abord théorique pour devenir réelle après avoir encadrée juridiquement, les élues du sexe, encore faussement nommé faible, et ce qui est valable en politique l'est aussi, dans une moindre mesure, car dans ces domaines, aucun quota n'est, à l'heure actuelle, obligatoire, ni juridiquement, ni, plus simplement dans les pratique ou les usages, excepté, peut être chez les fonctionnaires, et il y aurait, même là, à redire dans la mesure où, en général, la majorité des postes subalternes est occupée par des femmes, tandis qu'on constate exactement l'inverse pour les postes d'encadrement; a supposer, disais-je, que le sens et l'instinct de cohérence familiale largement incarné par les femmes, eut universellement prévalu sur la course ininterrompue vers la manifestation d'un pouvoir imposé le plus souvent par la violence et l'intimidation, ce qui reste constant depuis l'origine des organisations sociétales, à part d'infiniment rares exceptions qui relèvent statistiquement du négligeable, nous pourrions peut être imaginer que les conditions sociétales et la maturation de notre conscience collective présente les caractéristiques, tant organisationnelles que tributaires, d'une irrésistible poussée de bon sens et de vérité, seront peut être réunies, à un horizon qui commence à être visible, pour que notre civilisation, enfin perméable aux évolutions qualitatives modernistes, se transforme peu à peu, imperceptiblement, mais inéluctablement vers l'affirmation de la prédominance matriarcale, sans conflit armé, sans violences et sans que rien ne soit imposé à quiconque, et ce pour la toute première fois dans la longue,la riche et merveilleuse histoire de notre humanité, qui sera enfin et grandement honorée par une telle transformation issue de l'humanité et d'une miraculeusement bénéfique prise de conscience des femmes et des hommes, signant ainsi le triomphe de l'intelligence, dans ce qu'elle a de plus noble, sur les instincts de nos origines animales, fondés sur la force physique et la soif de pouvoir.
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