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ECRITURE CREATIVE - MEDITATION PLEINE CONSCIENCE

Proposition d'écriture n° 15 L'ÉCRITURE C'EST COMME UN VOL D'OISEAU AU DESSUS DE LA MER

 

 L'ECRITURE C'EST COMME  UN VOL D'OISEAU AU DESSUS DE LA MER ,J.M.G  Le Clézio

Dans les pas de JMG Le Clézio je vous propose de poursuivre, en remplaçant "  le vol d'un oiseau " par un ou plusieurs sujets ci dessous, selon vos préférences et vos choix :

 ( Vous pouvez bien sûr traiter d'autres sujets, si vous le souhaitez )

La peur, c'est comme …....

Le rire, c'est comme ..........

Le mensonge, c'est comme....

La beauté, c'est comme.......

Le bonheur,

La vengeance,

La colère,

La mort,

La tristesse,

La honte,

La solitude,

La rancune,

L'amour,

La jalousie,

La pitié,

La douleur,

La haine,

Le regret,

La liberté,

La paix,

La vie,

La douceur,

L'arc en ciel

L'orage,

L'enfance,

La vieillesse,

Laissez vos textes et/ou commentaires dans la rubrique ' COMMENTER "

 

 

 Pour le plaisir, voici des extraits choisis de "L'inconnu sur la terre" ( JMG Le Clézio )

Ecrire seulement sur les chose qu'on aime. Ecrire pour lier ensemble, pour rassembler les morceaux de la beauté, et ensuite recomposer, reconstruire cette beauté. Alors les arbres qui sont dans les mots, les rochers, l'eau, les étincelles de lumière qui sont dans les mots, ils s'allument, ils brillent à nouveau, ils son purs, ils s'élancent, ils dansent! ... Comment être loin de la vie? Comment accepter d'être étranger, exilé? Tout ce que l'on sait, tout ce que l'on reconnait, et les chimères de la conscience, tout cela cède devant un seul instant de vie. Un moucheron qui traverse l'air, un brin d'herbe que fait vibrer le vent, une goutte d'eau, une lumière, et d'un seul coup il n'y a plus de mots: il y a l'étendue muette de la réalité, où le langage est déposé, où la conscience est minéralisée...

La beauté n'est pas secrète. Elle est libre, exposée de toutes parts. Le ciel est grand, la mer, et la lumière resplendit. Tout est si calme, si vaste, le silence est si profond, à travers lui passent des vols d'oiseaux blancs, lentement, voyageant le long du ciel...

C'est cela qu'on attend, qu'on cherche depuis si longtemps: la lumière. Il suffit alors d'être debout en haut d'une colline, devant la mer, avec le ciel, et regarder, respirer, regarder, respirer. Le regard et le souffle alors sont une seule action, il n'y a plus de différence, plus de frontière. Je ne sais rien, je ne veux rien apprendre, rien de ce que donnent les mots et les lois des hommes. Mais je veux être là, quand cela se passe, debout sur cette colline pauvre, devant le ciel et la mer, tout à fait comme une femme sur son balcon, et regarder ce qui est immense, ce qui est pur...

Quelque chose brûle en moi. J'attends et je n'attends pas. C'est peut-être dans cette rupture dans cet instant, entre les deux pulsions, l'une qui va vers l'infini du oui, l'autre vers l'infini du non, qu'est le lieu de la vie.
Cette lumière qui m'éclaire en moi , et qui ne m'appartient pas, sans cesse me montre l'étendue du possible, ce que je pourrais être un jour, ce que je devrais être. Pareil au feu, à l'étoile, au soleil.
J'attends et en même temps, je n'attends pas.

Les visages sont beaux. Il n'y a rien de plus émouvant dans la personne humaine, rien de plus accompli. Un visage, n'importe lequel, surgi au hasard dans la foule, porté en haut du corps et s'avançant vers moi, un peu secoué par les mouvements de la marche, planant comme un cerf-volant, éclairé par la lumière. Je le regarde, et je ressens l'émotion de mon espèce. Je reconnais chaque détail très vite parce que c'est ce que je connais le mieux de l'homme. Mais en même temps, je me sens troublé, trompé, parce que c'est l'image la plus mystérieuse, la plus difficile...

J'aime la gaité simple de l'enfance. Ceux que la vie étonne, que la vie surprend, et qui s'amusent du monde, ceux-là aussi ont la vertu. Ils ne sont pas sérieux. Les grandes choses, les beaux discours, les événements historiques, ça ne les intéresse pas. Même , quelquefois, ils les regardent, du coin de l'oeil, ils les écoutent du coin de l'oreille, l'air un peu étonné, et ces grandes choses et ces belles phrases tombent à plat, un peu dépitées, sans plus oser être solennelles. Ceux qui ont cette gaité n'ont pas mauvais esprit. Mais c'est simplement que les grandes choses ne sont pas toujours celles qu'on croit, et que la beauté et la vérité n'ont pas besoin d'être sérieuses...

Ce qu'il y a de plus émouvant dans le visage de l'homme: le sourire. Le visage s'ouvre tout à coup, comme si un vent emportait son poids, effaçait sa douleur, sa mémoire, le visage se fend et s'écarte lentement, et quelque chose brille. Quelque chose se montre, sur les joues, sur le front, fait un peu reculer les oreilles. Quelque chose apparaît, une pensée, un regard, une lumière, quelque chose qui parle, qui fait signe.
J'aime le sourire sur le visage des enfants, des femmes. Il n'y a pas d'expression plus belle. Il n'y a rien de plus vrai sur le visage humain, rien de plus doux, de plus harmonieux dans la personne humaine. Le sourire vient du plus profond de l'être, du monde du sommeil peut-être, et monte, traverse le corps lentement à la manière d'un frisson de plaisir, jusqu'à l'orée de la bouche. Frisson de bonheur, frisson de lumière et de paix; ce qu'il montre, c'est l'état d'innocence, l'acceptation du monde et de ses limites, comme une clarté mêlée au jour, âme et monde unis, inséparables, indissociables; enfin, l'être vrai de l'homme, l'être tel qu'au commencement de la vie, aux premiers jours, quand nulle peur, nulle complicité ne vient troubler la transparence de l'âme. Le sourire est cet instant de solitude extrême, de solitude admirable. Il est le moment du retour, le miracle peut-être. Pour rien ni pour personne, dirigé vers le monde immense, le sourire est l'ornement de la vie,. C'est à-dire que sa beauté n'a d'autre raison que cette illumination du monde, cet éclaircissement.

 

 J. M. G. Le Clézio. Ecrivain français. Grand prix de Littérature Paul-Morand de l'Académie française (1980). Prix Nobel de Littérature (2008).

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H
Le bonheur c'est comme se promener sur ce petit sentier sauvage

que longe le ruisseau chargé des eaux printanières



la liberté c'est comme se méler aux nuages et voir

le monde depuis là-haut

La vie c'est comme cet arbre qui s'enracine,grandit,

étire ses branches et s'habille de feuilles
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C
La peur, c'est comme le rire jaune qui tout comme le mensonge masquent la beauté du bonheur.
La vengeance, c’est comme la colère le sursaut d’avant la mort – la tristesse et la honte de la solitude gardée pour soi.
La rancune, c’est comme l’amour avec jalousie, sans la pitié.
La douleur, c’est comme la haine, le regret de la liberté procurée par la paix d’une vie de douceur tout comme l’arc en ciel éclaire l’orage quand l’enfance remplace la vieillesse.
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N
La peur, c'est comme un grand tumulte qui s abat sur toi et qui s’amplifie. Elle prend tellement de place, que ton cœur explose au fond de ta poitrine …....
Le rire, c'est comme une rivière qui coule et qui n’a plus de limite. Il prend tellement de place que ton cœur se soulève de joie .........
Le mensonge, c'est comme une vieille poire qui pourrit, oubliée sur la desserte. Il prend tellement de place que ton cœur a mal…...
La beauté, c'est comme le souffle du vent qui ouvre les branches des arbres, les corolles des fleurs. Elle prend tellement de place que ton cœur s’ouvre comme elle ......
Le bonheur, c’est comme un doux murmure qui vient gonfler ta poitrine. Il prend tellement de place que ton cœur irradie tout ton corps
La vengeance, c’est comme un lourd fardeau. Elle prend tellement de place que ton cœur saigne à chaque instant.
La colère, c’est comme une tornade qui emporte tout sur son passage. Elle prend trop de place et ton cœur est anéantit…
La mort, c’est comme le silence. Elle est si présente que ton cœur oublie de battre.
La tristesse, c’est comme une plaie sur ton corps. Elle encombre ton cœur qui ne voit plus rien.
La honte, c’est comme une fracture, le corps est brisé. Et le cœur le devient aussi
La solitude, c’est comme une onde légère qui passe sur toi. Elle prend tellement de place qu’elle envahit ton cœur qui lui accorde son amitié
La rancune, c’est comme une blessure qui se détériore. Elle s approprie le cœur et le froisse
L'amour, c’est comme une source d’eau claire qui te nourrit. Quand il prend toute la place, il ravit le cœur et l enrichit
La jalousie, c’est comme une épreuve. Elle prend trop de place, ronge ton cœur et le détruit
La pitié, c’est comme une ritournelle. Elle apporte à ton cœur son utilité
La douleur, c’est comme une épreuve. Si elle prend trop de place, elle bouleverse ton cœur
La haine, c’est comme une meurtrissure. Elle s’arroge ton cœur pour le vider.
Le regret, c’est comme un tourment. Il finit par user ton cœur.
La liberté, c’est comme une compagne. Elle t ouvre les portes de tous les possibles
La paix, c’est comme une unité. Quand elle prend toute la place, elle unit les cœurs
La vie, c’est comme une aubade. Elle laisse ton cœur découvrir ce qui lui va
La douceur, c’est comme une belle mélodie. Quand elle prend place, elle enveloppe ton cœur d’un délicat parfum
L'arc en ciel, c’est comme une récompense. Quand il prend sa place, il laisse le cœur le voir
L'orage, c’est avant l’arc en ciel. Quand il arrive, il aménage ton cœur à tout
L'enfance, c’est un doux murmure qui s’éveille. Elle prépare ton cœur à ce qui va arriver
La vieillesse, c’est comme la fin des récoltes. Quand elle a sa place, le cœur récupère tout ce qu’il a semé
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R
Comment écrire après avoir lu cette prose de Le Clézio si douce et si profonde ?
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R
Juste un mot pour te remercier de ton message : tu as raison, c 'est l'endroit rêvé pour lâcher prise mais j ai encore du chemin à faire pour y arriver.
P
Voilà la question posée !

Peut on s'autoriser à écrire derrière Le Clézio ?
Dans le cadre d'un atelier d'écriture, je dirais oui.
Ce cadre qui nous contraint à rester dans certaines limites ( de temps, d'espace, etc …. ) nous permet il de desserrer certains noeuds et d'écarter un peu les barreaux de nos prisons ?

Et si c'était l'endroit rêvé pour lâcher prise, pour ne pas craindre une appréciation ou une évaluation. Et si on s'autorisait enfin cette auto bienveillance , cette auto tolérance et ce non jugement dont nous avons tant besoin pour être en paix avec nous mêmes, condition pour être en paix avec les autres.

Nous sommes confinés, reclus et l'écriture et la méditation sont peut être une opportunité de voir ce qui s'élève en nous, alors que notre capacité d'évasion et d'action diminue de plus en plus.


La solitude renforce le lien à soi. L'écriture et la méditation nous permettront peut être de regarder en nous, et d'accueillir ce qui s'y trouve, humblement, que ce soit nos peurs, nos résistances, nos regrets, nos craintes et toutes nos émotions.

Et si, dans cet espace, nous laissions apparaître ces mouvements de l'âme ? Et si nous reculions d'un pas pour mieux les regarder, les observer, en prendre pleinement conscience pour mieux les laisser partir, s'éloigner et finalement se dissoudre ?

Alors peut être qu'avec un état d'esprit ouvert calme et serein , nous parviendrons à accueillir ce sourire dont parle Le Clézio , sans crainte, sans stress , dans un esprit d'échange.
C'est en tout cas ce que je nous souhaite !

L'usage des mots pour exprimer la pensée est le plus grand privilège des hommes !

P
Si cet échange vous inspire, n'hésitez pas, la conversation est ouverte !
Pascale.
M
La beauté, c'est comme un éclair de plaisir inattendu, une vision fugitive qui illumine l'instant présent et fait rêver, un flash qui embellit le quotidien. C'est la sensation d'une plénitude qui redonne force et vitalité.
La beauté peut être celle que l'on s'attend à trouver dans un musée, une exposition, un poème, un paysage. C'est aussi, la rencontre fugace d'un parfum enivrant, d'un nuage lumineux, lors d'un matin morose, d'une fleur rare, d'une voix qui vous transporte. Les émotions de chacun diffèrent lors de ces rencontres fortuites, certains savent la reconnaître, d'autres y sont indifférents.
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C
L’arc en ciel

Un arc en ciel c’est comme un émerveillement enfantin.
Parfois il noie son arc dans la brume, sans le terminer. On cherche ses couleurs mais le flou ne nous les laisse pas distinguer.
D’autres fois, c’est un arc parfait sur fond de nuage noir poussé par une lumière blanche et forte. C’est la fin d’une averse et miracle, il est là, un pied planté dans une colline et l’autre derrière le bois, là-bas, à moins que ce soit dans un pré, enfin, à l’opposé. Parfois il a même un écho, plus pâle. On ne le quitte pas des yeux car on le sait éphémère.
Le soleil, dispersant ses rayons colorés à travers les gouttes de pluie nous offre cette perfection de forme et de couleur dont l’intensité dépend de la position du soleil. C’est pourquoi, c’est le soir, en rentrant de la balade ou en mettant le nez dehors après l’averse qu’on peut le voir bien net. Il en est de même le matin, au lever du soleil.
Du violet au rouge, des couleurs essentielles dans une géométrie parfaite, un phénomène atmosphérique précis nous apparaît comme un miracle et l’on suit intensément , émerveillés, ébahis cette rencontre de notre astre solaire avec les gouttelettes de la pluie.
On peut s’étonner d’une telle perfection. Cet arc parfait, pourrait nous interroger. Mais on a juste envie de le saisir de ne pas manquer son apparition.
Avez-vous remarqué ces mêmes couleurs sur les filets d’eau de nos arrosoirs lorsqu’on arrose le jardin au soleil ? Les voyez-vous dans les bulles de savon soufflées par les enfants ?
C’est fascinant. On ne décroche pas du phénomène tant qu’il n’a pas disparu de lui-même.
At-on vécu un moment de méditation ? Un émerveillement d’enfant ? Un beau moment en tout cas dont on ne se lasse pas et ça tombe bien, il est éternel.

Une des "écrivaillantes"
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M
Superbes textes Annick et Jacques ! Merci à Pascale pour cet espace de création ! Portez-vous bien les "écrivaillants" comme nous appelle Jacques.
Répondre
M
Le bonheur, c'est comme un jeu de construction, chaque jour on ajoute et on ajuste les briques:
Un vol d'hirondelle,
le milan virevoltant dans le ciel,
la tâche claire du cerisier en fleurs sur un camaïeu de verts, le petit message d'un ami, le pavot bien rouge dans un océan orange de calendula, la fraise cueillie en passant, une bonne tarte aux poires, les limousines qui caracolent dans le pré, le pic vert qui se gourmande de fourmis, le faucon en vol stationnaire, la bonne comédie hilarante, quelques lignes de poésie, le son des cloches, la brise chaude caressant le visage, le haricot sortant de terre, les rapiettes sur le muret, la petite pousse vert tendre du ficus, le souvenir du petit café savouré sur la place du marché, l'apéro partagé aux quatre coins de la France, l'écriture d'une contrainte choisie par Pascale...
Le bonheur se construit à chaque instant.
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L
L'amour que j'ai pour toi et que je te dédie,
c'est comme cette perle que forme la rosée.
La rosée qui s'agrège telle une goutte de pluie
c'est comme cette larme qui coule dans tes pensées.

L'émotion me submerge tel un raz de marée
c'est comme les abîmes, ces trous noirs sans limites,
Limites infinies impossibles à situer,
sont comme ces mourants qui nous quittent trop vite.

La mort qui les emporte en l'absence des proches,
c'est comme si leurs âmes s'étaient évaporées.
Vapeurs des souvenirs, sèches, chargées de reproches,
c'est comme un temps maussade qui plombe nos journées.

Journées des confinés empreintes d'inquiétudes,
sont comme les années consacrées à dormir.
Ce sommeil impuissant contre nos solitudes,
c'est comme de ne pas voir qu'un jour il faut mourir.
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A
La Beauté c'est comme un souffle de vent sur le visage
Le Bonheur c'est comme le chant du rossignol entendu sous le couvert des branches
Le mensonge c'est comme se cacher derrière un tas de neige,il se découvre un jour
Le regret c'est de ne pas avoir vécu une partie de ses rêves
La Paix c'est ce couple de Tourterelles affairé à bâtir leur nid
La Peur c'est comme ce trou noir où j'ai peur de tomber
La vieillesse c'est comme ce couple assis face à la mer regardant l'horizon
La Tristesse c'est comme une cape noire qui nous recouvre d'un coup
L a Vie c'est comme un bouton floral qui se découvre peu à peu
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A
Avant de me lancer dans l'ecriture des 2 dernières propositions ,je dis merci pour l'envoi de ces beaux paragraphes signés Le Clezio .Superbe
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